Et si on prenait l’habitude de prendre un temps pour se mettre à l’écoute du Saint-Esprit une fois par semaine?

Mon but dans cet article est d’illustrer une habitude missionelle dans le contexte d’une vie ordinaire. Mon espoir? Te prouver que n’importe qui, dans n’importe quel contexte et de n’importe quelle manière peut être en mission avec Dieu. À cet effet, j’ai demandé à des ami.e.s de me raconter la fois où ils (et elles) ont mis en pratique une action missionnelle. Quel était le contexte? Pourquoi et comment as-tu posé ce geste concrètement? Et qu’est-ce qui s’est passé? Quelles leçons en as-tu tirées?
À vrai dire, l’expérience a été trippante : j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à écouter et à rapporter leurs histoires! J’espère sincèrement qu’elles puissent devenir un encouragement et une source d’inspiration pour toi dans ton aventure missionnelle avec le Seigneur.
L’histoire d’Alba
J’ai cru bon de partager cette histoire en trois temps pour montrer l’évolution de cette habitude dans la vie d’Alba depuis ses années étudiantes.1 La plupart des aventures que tu auras avec Dieu seront le fruit d’habitudes spirituelles – l’obéissance, la foi – que tu auras cultivé dans le secret pendant des années. Le contexte de cet article est le suivant : Alba avait l’habitude de chercher la face de Dieu dans sa chambre de prière, sa war room comme elle aime l’appeler, et en faisant des marches de prière dans les quartiers où elle habitait, travaillait et étudiait.
Le parfum et le pasteur
Alba se rappellera toujours de la fois où sa famille allait retourner au Salvador pendant les vacances estivales. Elle priait comme à son habitude lorsqu’une idée saugrenue lui apparut à l’esprit. Pour une raison qui lui échappait complètement, elle ressenti qu’elle devait absolument acheter un certain parfum pour l’ancien pasteur salvadorien de sa famille. Sauf que là, elle trouvait ça beaucoup trop bizarre et nowhere comme idée. Voyons donc, ça sort tellement de nulle part, c’est complètement irrationnel, je vais vraiment passer pour une folle si je fais ça! Alors même si ça la dérangeait pas mal et qu’elle continuait à sentir qu’il fallait absolument qu’elle lui achète ce parfum-là, elle ne le fit pas.
Mais une fois au Salvador – et à sa grande frustration – cette idée ne s’était pas éteinte… loin de là! Elle s’était même intensifiée et continuait de la tarauder dans ses moments de prière! C’était dérangeant au point qu’elle réussi à prendre son courage à deux mains pour aller voir le pasteur en question. Elle lui demanda, « Écoutez, je suis parfaitement consciente que c’est étrange comme question… mais auriez-vous par hasard besoin d’un parfum? » À ses mots, le pasteur fondit en larmes à la grande surprise d’Alba. « Mais comment le sais-tu? Comment le sais-tu? » Ici c’est important de savoir que dans la culture salvadorienne, le port du parfum est considéré comme une norme sociale très importante. L’Église du pasteur avait connu des difficultés financières et n’avait plus même plus les moyens de remplacer son flacon de parfum vide.
Alba compris aussitôt que Dieu insistait pour qu’elle bénisse cet homme de sorte à ce qu’il sache que Dieu voit tout et prendra soin de lui, même dans les petites choses. De retour au Canada, elle acheta le parfum que Dieu lui avait mit en tête et le lui envoya par la poste.
L’inconnu de l’Oratoire Saint-Joseph
Lors d’une saison de sa vie, Alba aimait beaucoup se rendre à l’Oratoire Saint-Joseph pour ses cultes personnels. Elle trouvait intéressant qu’il s’agissait d’un point de rencontre spirituel pour beaucoup de personnes même si elles n’avaient pas la révélation complète de l’Évangile. Alors qu’elle prenait l’habitude de s’y rendre régulièrement, une question montait en elle : qui ici a soif de l’Éternel? À moment donné, elle ressenti qu’elle devait s’y rendre avec sa Bible en français alors qu’elle la lisait normalement en espagnol ou en anglais. Une fois arrivée au jardin de l’Oratoire, elle décida de lire un passage dans Jacques à voix haute. Pas trop loin d’elle, il y avait un monsieur qu’elle pensait saoul. Elle l’ignora et poursuivit sa lecture mais avant de partir, l’homme l’arrêta en disant : « Je t’en prie, parle-moi de Jésus! Parle-moi de Jésus »
Alba n’en croyait pas ses oreilles. Elle apprit que l’homme en fait n’était pas saoul mais profondément troublé. Il vivait une crise existentielle et s’était déplacé à l’Oratoire pour que Dieu lui parle. Pendant qu’il pleurait dans le jardin, il entendit une voix lui dire doucement, « La personne qui va te parler de moi sera la fille qui va lire la Bible à voix haute. » C’est comme ça que Alba apprit qu’elle était celle que Dieu lui envoyait! Ému, il lui confessa ses péchés et ses problèmes de vie. C’était fou parce qu’en tant que jeune femme, Alba ne l’aurais jamais approché ; ils ne pouvaient pas être plus différents! Elle avait très peu de temps à lui accorder puisqu’elle avait rendez-vous pour signer son bail tout près dans une quinzaine de minutes. Alors, en vitesse et avec audace, elle lui parla de l’Évangile, de la grâce, du salut et elle l’intima de se trouver une Église où des hommes matures dans leur foi pourraient l’accompagner. C’est au pas de course qu’elle le quitta pour officialiser son nouvel appart!
Discerner l’appel de Dieu
Désormais à la mi-trentaine, Alba avait le désir de servir le Seigneur à l’étranger. Pourtant, tous ses efforts pour se trouver un poste à l’international ne portèrent pas de fruits. Soit elle ne recevait aucun retour de courriel, soit sa candidature n’avait pas été retenue : « Seigneur, suis-je supposée te servir ici d’abord? » Elle multiplia ses rencontres en tête à tête avec Dieu, Bible en main dans sa war room, et dans ses marches de prière à Côte-des-Neiges. Dans le transport en commun, elle passait régulièrement près des campus universitaires et commença à ressentir un cœur en elle qui grandissait pour les étudiants.
Une petite recherche en ligne l’a amenée à contacter P2C… mais par une drôle de circonstance, elle reçut une réponse seulement un an plus tard.2 Pendant tout ce temps, elle luttait avec Dieu par rapport à ce nouveau désir en elle. Elle se sentait tantôt impuissante, tantôt convaincue. Selon elle, malgré la lenteur du processus, ce sont ces mois de conversations avec le Saint-Esprit qui l’ont enfin préparé à répondre « oui » lorsqu’un équipier de P2C lui a demandé si elle était toujours partante. Et devinez quoi? Le groupe étudiant qui avait besoin de son aide se réunissait dans son propre quartier, tout près de là où elle faisait ses marches d'intercession pour la direction de Dieu.
D'emblée, est-ce que la prière est quelque chose de facile ou de difficile pour toi? Sur une échelle de 1-10, à quel point t’attends-tu à ce que Dieu te parle et qu’est-ce que cela dit sur ta relation avec lui?
Depuis qu’elle était au secondaire, Alba tissait à sa vie des habitudes très précises, comme le fait d’avoir une pièce entièrement réservée à la prière ou ses marches de prière qu’elle faisait pas loin de son école, de son lieu de travail et de sa maison. Si tu regardes à ton horaire (tu peux ouvrir ton agenda si tu veux), quelles habitudes de prière seraient le plus faciles à adopter ou renforcer? Pendant une semaine (ou plus!), efforce-toi de cultiver ces habitudes qui t’exposent à la voix de Dieu.
Souvent, Dieu nous « parle » dans le silence, lorsqu’on se retire de ce qui nous tient occupé.e.s. Quel est ton rapport au silence? Es-tu souvent distrait lors d’une tâche (spirituelle ou non)? Comment peux-tu t’aider à apprivoiser le silence et à te défaire des distractions de la vie courante?
Note de l’éditrice : Cet article est le sixième d’une série (de douze) qui présente les habitudes missionnelles développées par Michael Frost dans son livre Surprise the World! Chaque habitude sera couverte par deux articles : une présentation et une histoire. Nous espérons que cette série te donnera des idées et des outils sur la manière de vivre ta foi dans le monde, afin que tu sois prêt.e à répondre à toute personne qui s'interroge sur l'espérance qui est en toi (2 Pierre 3.15-16).
1 Alba tient à mentionner qu’elle a commencé à prier plus régulièrement peu de temps après avoir obtenu son diplôme universitaire au premier cycle.
2 En notre défense, c’est qu’il y avait eu une transition à l’interne et la personne qui s’occupait de répondre aux courriel avait perdu le mot de passe du courriel corporatif (gros-gros soupir). Si ce n’était pas aussi drôle, je crois que j’en pleurerais!
