Récemment, ma mère m'a montré quelques lettres qu'elle avait gardées de ma prof de maternelle. C'était incroyable de lire ces notes et de voir comment ma personnalité se développait déjà à l'âge de quatre ans. Rien dans ces notes ne m'a surpris. L'une d'elles disait que j'avais choisi un livre sur les chatons au lieu du chocolat pour un cadeau d'anniversaire (ce qui ne me surprend pas du tout). Voici l'autre note:
Madame Davies,
Je vous remercie pour votre message. Sarah était bien dès qu'elle est descendue du bus, mais elle a eu quelques larmes par la suite. Je lui ai donné un câlin, lui ai assuré que tout allait bien, puis nous avons fait une petite promenade. Heureusement, Sarah était l'assistante aujourd'hui, ce qui lui a permis de se distraire et d'oublier votre absence.
Je pense que le meilleur moyen de la rassurer est de lui dire qu'elle va bien, puis de l'impliquer dans d'autres activités. Je suis convaincue que cela va passer. Sarah semble souvent préoccupée par des choses inconnues et elle est très sensible. Il est parfois difficile de décider si je dois la prévenir des événements ou simplement la laisser tranquille.
Au cours des deux prochaines semaines, nous aborderons brièvement le sujet d'Halloween. On va parler de comment s'amuser en toute sécurité.
Judy
Rien n'a vraiment changé depuis cette époque; je suis toujours assez sensible, je déteste l'inconnu et j'exprime souvent mes émotions à travers les larmes. Cependant, j'aime penser que ces vingt-cinq dernières années de ma vie m'ont permis de m'améliorer dans les transitions. Cette note a été écrite lorsque j'ai commencé l'école pour la première fois - depuis, j'ai traversé de nombreuses étapes: obtention de diplômes, déménagements, quitter de vieux amis, rencontrer de nouveaux amis, et même la perte de membres de ma famille.
Je ne suis en aucun cas une experte, mais je voulais partager quelques leçons que j'ai apprises des transitions que j'ai traversées:
Tu as le droit de faire ton deuil
Les transitions sont naturellement chaotiques. Certaines sont plus faciles que d'autres, mais dès qu'un changement se produit, un mélange d'émotions s'ensuit inévitablement. Lorsque j'ai obtenu mon diplôme universitaire, j'ai ressenti une certaine paix en sachant que mon temps à Carleton était terminé. Cependant, cela n'a pas changé à quel point mes amis allaient me manquer, ni l'affection que j'avais pour cette école.
De la même manière, mon déménagement à Copenhague a été difficile. Mais étrangement, le retour à la maison s'est révélé encore plus difficile. Pendant ces dix mois à Copenhague, la ville était devenue mon chez-moi, et bien que j'étais enthousiaste à l'idée de retourner au Canada, partir m'a attristée. Je laissais derrière moi d'incroyables amis, des cafés préférés, et un rêve de toute une vie - vivre en Europe. Je pleurais la perte de ce qui était ; c'était l'expérience d'une saison de vie que je ne pourrais jamais revivre.
La joie et la tristesse vont souvent de pair lors des périodes de transition, car pour obtenir quelque chose, il y a souvent une perte associée à ce processus. Il est naturel de ressentir cette peine tout en étant simultanément plein d'enthousiasme pour ce qui vient ensuite. C'est une tension qui peut exister pendant les périodes de transition, et tu dois te donner la chance d'expérimenter ces deux sentiments. Ces émotions contradictoires peuvent aider ton corps et ton esprit à faire face aux changements qui se produisent dans ta vie.
Sois honnête avec Dieu
Que tu en aies conscience ou non, tu as des attentes concernant une phase de ta vie que tu achèves, et ce n'est peut-être qu'une fois éloigné de cette situation que tu prendras conscience de tout ce que tu as vécu ou espéré pendant cette période.
Vivre à Copenhague grâce au programme STINT (un stage international avec Pouvoir de Changer - Étudiants) a été une expérience incroyable, mais ce n'est qu'une fois de retour chez moi que j'ai pris conscience de certains aspects de mon année que je n'ai pas pleinement appréciés ou que j'aurais aimé voir se dérouler différemment.
J'avais des attentes - des moments où Dieu m'avait demandé d'attendre et de lui faire confiance - et après avoir patienté et mis ma confiance en lui, le résultat ne s'est pas déroulé comme je l'avais imaginé. Honnêtement, cette expérience m'a laissée avec un sentiment de douleur, de colère et de trahison envers la relation dans laquelle je pensais pouvoir le plus avoir confiance - ma relation avec Dieu.
Il y a eu des moments pendant mon retour au Canada où j'étais en colère contre Dieu à cause de la tournure des événements; je ne sentais plus que je pouvais lui faire confiance. Je me demandais parfois si suivre Dieu en valait vraiment la peine. Si écouter sa voix et lui obéir me conduisait à la souffrance, je n'étais plus certaine que cela valait la peine de le suivre.
Pendant cette transition difficile, je m'assurais toujours de dire à Dieu exactement ce que je ressentais. Parfois, je pleurais simplement dans ma chambre en lui disant que je n'étais pas contente de lui. D'autres fois, mes prières étaient plus élaborées et précises. Parfois, j'avais même l'énergie et la capacité mentale et émotionnelle de les écrire. Quoi qu'il en soit, Dieu savait que j'étais en colère et blessée. Je lui disais tout, et jamais il ne s'est détourné de moi.
Que ta transition se passe bien ou que tu traverses une période difficile, je t'encourage à être honnête avec Dieu. Dis-lui exactement ce que tu ressens. Si tu éprouves de la joie, loue-le. Si tu ressens de la colère ou de la tristesse, partage-le avec lui et demande-lui de t'aider. Dieu a créé les émotions, donc elles sont bonnes (Genèse 1:31), mais il est important de savoir comment les exprimer et les gérer. Nous devons les apporter à Dieu avec humilité et le laisser nous guider dans leur gestion. Dieu veut être impliqué dans tous les aspects de notre vie, pas seulement dans ce que nous considérons comme spirituel. Alors, invite-le dans tes émotions.
Accorde-toi de la bienveillance
Cette période de transition que tu traverses actuellement est un entre-deux chaotique qui ne durera pas éternellement. Tu t'habitueras à la nouvelle ville, au nouveau travail, à la nouvelle école, etc., mais cela prendra du temps. Personnellement, après sept mois à Montréal, je commence seulement à me sentir davantage chez moi.
Durant les premiers mois de ma vie à Montréal, j'ai été très exigeante envers moi-même. Ayant déjà vécu un déménagement dans un autre pays, je m'imaginais que celui dans une nouvelle ville de mon propre pays serait facile! Mais ce ne fut pas le cas. Je désirais que tout se passe bien dès le début, mais cela n'a pas été le cas.
Je pense qu'une raison pour laquelle j'ai trouvé cela si difficile était que je ne reconnaissais pas cette nouvelle Sarah. C'était une Sarah qui pleurait tout le temps, qui était anxieuse et déprimée. En tant que personne qui essaie d'être optimiste en toutes circonstances, voir cette version de moi-même et apprendre à l'aimer et à en prendre soin était difficile.
Quelle forme prenait la bienveillance envers moi-même pendant cette transition?
Cela impliquait de rester à la maison pour me reposer plus souvent que de sortir, au début.
Cela signifiait ressentir de la fierté les jours où j'avais assez de courage pour sortir et accomplir une tâche, plutôt que de rester dans ma chambre (certains jours, c'est plus facile de rester cachée)
Cela impliquait d'être courageuse et d'essayer de nouveaux cafés, voire même d'inviter des amies à explorer avec moi.
Cela impliquait de pleurer (beaucoup, dans mon cas) avec les nouvelles personnes que Dieu avait mises sur ma route. Ce sont des personnes qui prenaient soin de moi, qui m'écoutaient et priaient pour moi alors que je pleurais la perte de ma vie à Copenhague.
Cela voulait dire être en paix avec le fait que certains jours, il n'y avait aucune joie, seulement de la tristesse.
Trouver une stabilité de l'autre côté de la transition
Il m'a fallu plusieurs mois, mais enfin, je vois réapparaître des éclats de l'ancienne Sarah. Ou peut-être une nouvelle Sarah, façonnée par le deuil, la joie et la transition. Elle trouve de la joie dans le soleil, savoure un café au lait dans son café préféré, et ose assister à une nouvelle étude biblique qui débute dans son église. Ce n'était pas moi il y a cinq mois, mais avec le temps, à travers mes échanges avec Dieu et les autres (et en faisant l'expérience de sa grâce), et en me montrant de la bienveillance, je commence lentement à sentir que je quitte cette étape de transition pour entrer dans une phase plus stable. Une phase où j'apprends à aimer la vie à nouveau et à apprécier cette belle ville où Dieu m'a placée.
En quittant cette période de transition, je n'oublie ni Copenhague ni la douleur de cette période. Au contraire, je les regarde à travers les yeux de quelqu'un qui est reconnaissante envers Dieu, qui ne m'a jamais abandonnée, même lorsque je me sentais si seule.
Pour conclure, je voudrais vous laisser avec deux choses:
Tout d'abord, quelques versets bibliques qui me sont venus à l'esprit en écrivant ceci. Honnêtement, ce ne sont pas des versets que Dieu a utilisés pendant ma transition, mais en réfléchissant sur cette période chaotique, je reconnais qu'ils étaient vrais. Dieu était avec moi et était là pour m'aider.
N’aie pas peur, car je suis moi-même avec toi.
Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu.
Je te fortifie, je viens à ton secours,
je te soutiens par ma main droite, la main de la justice.
Esaïe 41:10
Le deuxième est un simple rappel. Peu importe la transition que tu traverses en ce moment, sache que tu n’es certainement pas seul.e.
En effet, c’est moi, l'Eternel, ton Dieu,
qui empoigne ta main droite
et qui te dis: «N’aie pas peur!
Je viens moi-même à ton secours.»
Esaïe 41:13
