Et si on prenait l’habitude de bénir trois personnes différentes chaque semaine?

Habitudes missionnelles avec un logo représentant un soleil au-dessus des montagnes.

Mon but dans cet article est d’illustrer une habitude missionelle dans le contexte d’une vie ordinaire. Mon espoir? Te prouver que n’importe qui, dans n’importe quel contexte et de n’importe quelle manière peut être en mission avec Dieu. À cet effet, j’ai demandé à des ami.e.s de me raconter la fois où ils (et elles) ont mis en pratique une action missionnelle. Quel était le contexte? Pourquoi et comment as-tu posé ce geste concrètement? Et qu’est-ce qui s’est passé? Quelles leçons en as-tu tirées?

À vrai dire, l’expérience a été trippante : j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à écouter et à rapporter leurs histoires! J’espère sincèrement qu’elles puissent devenir un encouragement et une source d’inspiration pour toi dans ton aventure missionnelle avec le Seigneur. 

L’histoire de Greyson [1]

Pour Greyson, tout a commencé quand il a décidé de se tourner vers Dieu après une longue période d’éloignement. Même s’il a grandi dans une famille chrétienne, c’était comme s’il était en train de découvrir la foi chrétienne pour la toute première fois. Tout lui semblait nouveau d’une étrange manière. Après quelques mois de fréquentation régulière de l'Église, où il a beaucoup appris de ses frères et sœurs en Christ, Greyson commençait à se dire qu’il fallait peut-être qu’il fasse quelque chose à son milieu de travail. Il se demandait comment il pouvait « prêcher Jésus » avant même de commencer à ouvrir la bouche. 

« Ici, c’est chacun pour soi »

Car, disons-le de même : la vibe de son milieu de travail laissait beaucoup à désirer. C’était une culture d’hostilité, de vengeance, du type « ah si je peux faire tomber quelqu’un pour mieux paraître, je vais le faire – voire,  je vais chercher des occasions pour pouvoir le faire ». Il y avait beaucoup d’amertume; les gens ne se faisaient pas confiance et prenaient tout personnel. Rendre service à quelqu’un, dans un tel contexte, ça détonnait pas mal. 

Et notre cher Greyson venait d’arriver là. Il ne faisait pas partie de l’équipe principale et ne travaillait que les fins de semaines. En un sens, il est un peu neutre et n’a pas d’historique (négative ou positive) avec l’équipe de travail sur place. Il décide donc d’essayer de quoi. Il se demande, « qu’est-ce qui se passerait si je me mettais à les bénir sans aucune raison? Oui, je vais bien faire mon travail mais j’aimerais aussi faire quelque chose de plus. » 

Payez au suivant [2]

À son travail, les employé.e.s avaient l'habitude d'envoyer un.e délégué.e pour acheter du café, que les gens payaient ensuite. Une fois, Greyson s’est non seulement porté volontaire pour aller chercher les cafés mais, en plus, il a décidé de ramener des beignes et de les offrir à ses collègues (surpris). Pourquoi? « Juste parce que! Ça me fait plaisir de travailler avec vous et je voulais juste vous le montrer d’une petite façon… c’est juste un café ». Il a commencé à le faire de plus en plus souvent et des fois il leur payait même le café. 

Petit à petit, les gens devenaient de plus en plus reconnaissants pour son geste. Après quelques semaines comme ça, certains collègues de Greyson commencèrent à lui dire que c’étaient « eux qui l’invitait » puis, un beau jour, l’un de ses collègues a déclaré qu’aujourd’hui c’était lui qui allait payer le café pour tout le monde! Et là, la balle s’est mise à rebondir : une autre collègue a décrété qu’elle allait faire la même chose, puis son patron a lui-aussi fini par garder la facture. 

Greyson était abasourdi. Le simple désir de bénir ses collègues de façon répétitive et gratuite a fini par transformer la culture de son milieu de travail! Il m’a décrit ce qui s’est passé comme une espèce « d’interchange d’amour » qui a passé de lui aux autres, puis qui lui est revenu mais qui a surtout fini par se faire donner à l’ensemble de l’équipe. 

De la méfiance à une sainte curiosité 

« Le plus marrant c’est qu’ils ne savent même pas pourquoi j’ai fait ça. Mais moi je sais que j’ai fait ça pour Jésus, pour leur redonner un peu de l’amour qu’il a porté envers moi. C’est en obéissance à Jésus, par amour pour mon prochain, que j’ai décidé de les bénir tout simplement. » Greyson a eu la chance d'expliquer ce raisonnement à quelques personnes, celles qui voulaient vraiment savoir.

D’ailleurs, à son avis, l’hostilité générale était l’une des raisons pour lesquelles il a fallu tant de temps pour lui rendre la pareille. Les gens ne comprenaient vraiment pas pourquoi Greyson leur faisait des cadeaux et ils se disaient qu’il devait certainement y avoir une « pogne ». C’est seulement lorsqu’ils virent que Greyson ne demandait jamais rien en retour que son désir de les bénir leur est apparu étonnant, puis beau et authentique. C’est seulement après ce constat que les gens commencèrent eux aussi à vouloir démontrer de la gratitude et de l’altruisme envers leurs collègues – au-delà d’une sorte de réciprocité par égo ( « Je t’en dois une pour qu’on soit quitte »).

Greyson a dû depuis changer son shift de travail et – hélas – il ne serait pas étonné d’apprendre que la culture est redevenue un peu comme avant, mais il ose espérer que sa bénédiction ait pu apporter un déplacement, malgré tout. Il continue de croire que Jésus peut toucher et bénir ses collègues au-delà qu’il ne le pourra jamais. 

En faire une habitude de vie 

À leur tour de se laisser parler d’amour! Bénis trois personnes cette semaine, dont au moins une n'est pas membre d’une Église.

  • Quelle était la motivation de Greyson et comment l'a-t-elle aidé à persévérer alors qu'il ne voyait aucun changement pendant des semaines?

  • Au début de son aventure, Greyson ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Quelles auraient été tes attentes à la place de Greyson? Comment est-ce qu’on fait pour cultiver des actes altruistes remplis d’espérance sans tomber dans le piège du « je donne en m’attendant à quelque chose en retour »?

  • Pense aux gens que tu côtoies régulièrement (à l’école, au travail, à la maison). Que penses-tu que ça prendrait pour que tu réussisses à les rendre vraiment curieux? Et comment peux-tu les aider à faire le lien avec ta foi? 

Défi : bénis trois personnes cette semaine, dont au moins une n’est pas membre d’une Église.

Note de l’éditrice : Cet article est le deuxième d’une série (de douze) qui présente les  habitudes missionnelles développées par Michael Frost dans son livre Surprise the World! Chaque habitude sera couverte par deux articles : une présentation et une histoire. Nous espérons que cette série te donnera des idées et des outils sur la manière de vivre ta foi dans le monde, afin que tu sois prêt.e à répondre à toute personne qui s'interroge sur l'espérance qui est en toi (2 Pierre 3.15-16). 


1 Pas son vrai nom. Je tiens toutefois à insister qu’il s’agit