Série sur les habitudes missionnelles
Et si on prenait l’habitude de noter, chaque semaine, comment Dieu est à l’œuvre autour de nous et comment on s’est joint à ce qu’il était en train de faire?
Mon but dans cet article est d’illustrer une habitude missionnelle dans le contexte d’une vie ordinaire. Mon espoir? Te prouver que n’importe qui, dans n’importe quel contexte et de n’importe quelle manière peut être en mission avec Dieu. À cet effet, j’ai demandé à des ami.e.s de me raconter la fois où ils (et elles) ont mis en pratique une action missionnelle. Quel était le contexte? Pourquoi et comment as-tu posé ce geste concrètement? Et qu’est-ce qui s’est passé? Quelles leçons en as-tu tirées?
À vrai dire, l’expérience a été trippante : j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à écouter et à rapporter leurs histoires! J’espère sincèrement qu’elles puissent devenir un encouragement et une source d’inspiration pour toi dans ton aventure missionnelle avec le Seigneur.
Jordi raconte deux histoires
Un café avec Jésus
Un jour, un ami de Jordi lui confie un combat intérieur. Il voulait vivre sa foi dans le quotidien, ressentir la présence de Dieu en tout temps. Il savait que la Bible invite à prier sans cesse… mais dans le tourbillon de la vie, il n’arrivait pas à trouver le bon moment ni le bon cadre. Il avait tout essayé : prier dans les petites choses, se rappeler Dieu, poser des gestes concrets… mais rien ne s’ancrait durablement. Il se sentait emporté par son rythme de vie, se demandant où était Dieu là-dedans.
Puis il découvre Les 9 voies sacrées de Gary Thomas — un livre qui présente différentes manières de connecter avec Dieu selon sa personnalité : nature, sens, justice, solitude, réflexion, etc. Et là, il se reconnaît. Il réalise qu’il est du type relationnel, un gars de café et de conversations. Il passe ses journées à courir entre deux rendez-vous, et ne se souvient pas d’un jour sans café (faut dire qu’il est un peu accro!).
Alors il tente quelque chose. Une pratique aussi simple qu’étonnante : chaque fois qu’il achète un café, il en prend un deuxième. Un pour lui, un pour Jésus. Il s’assoit, dépose les deux gobelets, imagine Jésus devant lui. Et il lit. Il réfléchit. Il écrit. Mais le deuxième café ne reste pas là. Il sort, le donne à une personne dans le besoin, et s’assoit avec elle. Il écoute. Il partage. Il témoigne.
Ce qui, au départ, n’était qu’une tentative de prier « en tout temps » devient une mission quotidienne. Jésus n’est plus une idée : il prend place à la table, puis dans la rue, dans les regards, dans les histoires partagées. Chaque café devient une pause sacrée — un moment pour s’ancrer, écouter, et saisir un peu mieux le cœur de Dieu pour les oubliés. En un mot : noter ce qui se passe.
Un mur de post-it, un panier de pierres
Dans la famille de Jordi, la mission est une aventure collective! Chacun vit son appel à sa façon, à son rythme, mais ensemble, ils ont choisi de ritualiser cette réalité, semaine après semaine.
Chaque lundi, ils s’arrêtent pour écrire : À quoi pourrait ressembler leur envoi cette semaine? Vers qui Dieu les appelle-t-il? Quels gestes ont-ils à cœur? Et en fin de semaine, ils observent : Comment ont-ils vraiment été envoyés? Où Dieu les a-t-il surpris?
Et ils le notent… mais pas n’importe comment!
Ils ont trois façons de le faire :
Une bénédiction pour quelqu’un? Ils l’écrivent sur un post-it, collé sur un mur de leur bureau. Un mur de mission, un mur de gratitude.
Un soin à eux-mêmes ou à leurs proches? Ils le notent dans un carnet. Parce que se reposer, guérir, aimer… c’est aussi être envoyé.
Un geste pour la planète? Ils ramassent une pierre à cet endroit et la déposent dans un panier à la maison — idée de leur fille. Une pierre pour se souvenir. Une pierre pour bénir.
Un jour, leurs voisins leur disent : « La foi, c’est pas pour nous. » Jordi et sa famille respectent ça, sans pression. Mais quelques semaines plus tard, surprise : ces mêmes voisins leur demandent s’ils peuvent amener leur fils à l’église. Et lui acheter une Bible!
Pourquoi? Parce que leur fille, en jouant avec lui, lui parlait de Jésus. Sans pression. Avec une simplicité désarmante. Et les parents ont dit : « S’il doit découvrir la foi, on préfère que ce soit avec vous. »
Ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire avec leurs mots, Dieu l’a fait… à travers un enfant. Et ce moment a trouvé sa place, lui aussi, sur le mur. Un rappel qu’on est souvent envoyé bien plus qu’on ne le pense.
Voir ce qu’on aurait pas vu
Ce que j’aime de ces histoires, c’est qu’elles ne sont pas spectaculaires en soi. Mais elles le deviennent parce qu’on les a notées. Parce qu’on a pris le temps de s’arrêter, de se souvenir, de faire attention.
Et si la mission ne commençait pas par faire plus… mais par mieux voir ce qui est déjà en train de se passer?
Alors je t’invite : cette semaine, prends un moment pour remarquer. Note ce qui s’est passé. Ce que Dieu t’a soufflé. Ce que tu as donné, reçu, tenté. Qui sait? Peut-être que le simple fait de le nommer transformera ta perspective. Peut-être que tu verras, en le relisant, que tu as été envoyé.e bien plus souvent que tu ne l’aurais cru.
En faire une habitude de vie
Une fois par semaine, prends le temps de noter comment tu as collaboré avec Dieu, en paroles et en actes, dans la vie des gens autour de toi.
Et si tu prenais 15 minutes par semaine pour revenir sur ta semaine avec Dieu? Qu’est-ce qui t’a touché? Où as-tu ressenti qu’il était à l’œuvre, dans ton quotidien, dans celui des autres, ou même à travers toi?
Quand as-tu eu l’impression d’être envoyé.e cette semaine? (Et si tu ne l’as pas senti… est-ce que c’est parce que rien ne s’est passé? Ou parce que tu n’as pas pris le temps d’y penser?)
Jordi et sa famille le font en notant. Toi, comment pourrais-tu intégrer cette habitude à ta réalité? Voici quelques idées :
– Un post-it collé dans ton agenda ou sur ton miroir
– Un mémo vocal enregistré en marchant
– Un court message à un.e ami.e de confiance
– Une note dans ton application préférée
– Une pierre dans une boîte
– Ou tout simplement… une prière dite à Dieu en fin de journée
Essaie ça pendant une semaine. Choisis une manière de “noter ce qui se passe”. Reviens-y chaque jour ou chaque fin de semaine. Vois ce que ça produit en toi. Peut-être que tu vas te rendre compte que Dieu t’utilise déjà plus que tu ne le crois. Peut-être que tu vas apprendre à mieux le remarquer.
Note de l’éditrice : Cet article est le dixième d’une série (de douze) qui présente les habitudes missionnelles développées par Michael Frost dans son livre Surprise the World! Chaque habitude sera couverte par deux articles : une présentation et une histoire. Nous espérons que cette série te donnera des idées et des outils sur la manière de vivre ta foi dans le monde, afin que tu sois prêt.e à répondre à toute personne qui s’interroge sur l’espérance qui est en toi (2 Pierre 3.15-16).
