Et si on prenait l’habitude d’étudier la personne, les paroles et les actions de Jésus une fois par semaine?

Mon but dans cet article est d’illustrer une habitude missionnelle dans le contexte d’une vie ordinaire. Mon espoir? Te prouver que n’importe qui, dans n’importe quel contexte et de n’importe quelle manière peut être en mission avec Dieu. À cet effet, j’ai demandé à des ami.e.s de me raconter la fois où ils (et elles) ont mis en pratique une action missionnelle. Quel était le contexte? Pourquoi et comment as-tu posé ce geste concrètement? Et qu’est-ce qui s’est passé? Quelles leçons en as-tu tirées?
À vrai dire, l’expérience a été trippante : j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à écouter et à rapporter leurs histoires! J’espère sincèrement qu’elles puissent devenir un encouragement et une source d’inspiration pour toi dans ton aventure missionnelle avec le Seigneur.
L’histoire de Thomas
Apprendre Christ, c’est un peu comme retrouver un regard d’enfant (Lc 18.15-17) : ça change notre perspective. En écoutant Thomas me raconter son histoire, j'ai pensé à une citation de C. S. Lewis lorsqu'il dédie L'armoire magique à sa filleule : « Un jour viendra où tu seras assez grande pour recommencer à lire des contes1 ». Non pas que les évangiles soient un conte de fées ou des fables, mais plutôt qu'ils représentent – pour reprendre une autre expression de ce cher Lewis – un vrai Mythe – une histoire vraie qui nous dit d'où nous venons, où nous allons, de façon à nous faire rêver, à repousser les limites du possible (Lc 17.5-6; Mt 14.28-29; Mc 9.23-25). Oui suivre Jésus, c’est du sérieux! Mais si on le fait comme il faut, ça nous remplit de légèreté (Mt 11.28-30), de reconnaissance (Lc 17.15-16), de joie (Jn 15.11), d’étonnement (Mc 5.42)… les mêmes effets que Jésus a eus sur les gens selon les évangiles, d'ailleurs!
« Attends, ça dit vraiment ça?! »
Cette fois-ci je vais passer le micro (figuratif) à Thomas et le laisser raconter son histoire lui-même (il fait si bien ça!) :
« C’est à propos d’un gars de l’école qui voulait se joindre à une étude biblique exploratoire pour en apprendre davantage sur Jésus, mais aussi juste mieux connaître la Bible. On comparait Moïse à Jésus, en observant comment Jésus accomplit les promesses annoncées par plusieurs prophètes de l’Ancien Testament.
Puis on est arrivés à Pâques. La question centrale est devenue : « On apprend beaucoup sur le christianisme, sur la Bible… mais qu’en est-il des paroles de Jésus lui-même? Qu’a-t-il dit? Qu’a-t-il fait? Apprenons à le connaître, au-delà de toute culture chrétienne. »
Ce gars-là venait d’un milieu totalement non chrétien. C’était la première fois qu’il recevait une Bible. Il ne l’avait jamais lue, ne la comprenait pas vraiment. On lisait donc le passage où Jésus annonce sa mort, meurt sur la croix, puis revient à la vie. Et là, il s’exclame : « Attends… c’est écrit là que Jésus est revenu d’entre les morts? Qu’il est ressuscité? »
On poursuit la lecture jusqu’à l’histoire avec les deux anges assis sur la pierre roulée, ou ces hommes en vêtements blancs… Et il répète : « Ça dit vraiment ça! C’est écrit, noir sur blanc! Je n’en reviens pas! »
Je me souviens avoir pensé : « Ben oui, bien sûr que c’est écrit! Si ce n’était pas là, pourquoi est-ce que j’y croirais!? Toute ma foi repose là-dessus! »
Peut-être croyait-il jusque-là que les chrétiens avaient inventé ça. Ou bien, il ne savait pas trop quoi en penser. Mais là, il lisait le texte lui-même, voyait ce qu’il disait, et tout à coup, la possibilité que ce soit vrai s’est imposée à lui. Oui, il avait sans doute entendu certaines choses avant, peut-être regardé des vidéos sur YouTube. Mais tant qu’il n’avait pas lu les Évangiles lui-même, ce n’était pas la même chose. Et c’est ça qui a tout changé. »
Dans ma discussion avec Thomas, j’ai réalisé à quel point le simple fait de lire les Évangiles avec d’autres, même des personnes novices dans la foi, peut nous faire approfondir notre connaissance de Jésus. Voir des angles qu’on n’avait jamais remarqués. Et l’aimer encore un peu plus. Le commentaire de son ami lui a définitivement fait apprendre Christ plus profondément.
Cultiver l’émerveillement
Je vous l’avoue : mon entretien avec Thomas a laissé une forte impression en moi. Ça m’a rappelé à quoi ressemblait mes lectures bibliques à mes débuts dans la foi. À mon adolescence, lire la Bible c’était la découvrir. Je plongeais mon regard dans les histoires bibliques – des histoires si étranges – qui me remplissaient d’effroi et de ravissement.
Une idée s’est faufilée à mon esprit : et si lire régulièrement les Évangiles, en gardant les yeux rivés sur Jésus — ce Jésus beau et bouleversant — pouvait rallumer en nous le goût du mystère et de l’émerveillement? Et si juste le fait de s’arrêter un peu, chaque semaine, sur ses gestes, ses paroles, ses rencontres… suffisait à réenchanter nos cœurs essoufflés? Et si on pouvait retrouver un brin de cette « magie » qu’on croyait perdue — pas quelque chose de floue ou de naïf, mais cette lumière vive qui fait battre le cœur plus fort, qui donne envie de croire encore plus?
Alors que je tente cette approche, je t’invite à le faire avec moi. Que tu connaisses Jésus depuis « toujours » ou que tu n’aies jamais ouvert une Bible de ta vie, je suis convaincue qu’il y a quelque chose pour toi dans cette aventure. Une surprise, une question, peut-être même un face à face. Parce qu’à force de marcher avec Jésus — ou de le découvrir pour la première fois — il se pourrait bien qu’on ne ressorte pas tout à fait les mêmes.
Leçons à retenir :
L’étonnement ne se force pas : il naît souvent au fil de lectures partagées, de découvertes inattendues. Étudier Jésus, c’est se laisser surprendre à nouveau — seul ou avec d’autres.
Les autres posent des questions qu’on ne pose plus. Leur regard neuf nous ouvre des angles morts. Lire ensemble, c’est comme recevoir un miroir qui agrandit notre vision.
Revenir aux paroles et aux gestes de Jésus dans les Évangiles, c’est sortir des opinions ou des traditions pour revenir à la source. Et à la source, il y a une personne : vivante, étonnante, bouleversante.
Questions de réflexion :
Est-ce que je lis les Évangiles avec un regard neuf, ou bien routinier ? Quelle a été ma dernière réaction d’étonnement ou de joie en lisant un texte sur Jésus ?
Suis-je prê.te à laisser la personne de Jésus bousculer mes certitudes ?
Qui, dans ton entourage, n’a jamais ouvert les Évangiles, et pourrait accepter ton invitation à le faire ensemble? Devance ton geste par la prière.
Note de l’éditrice : Cet article est le huitième d’une série (de douze) qui présente les habitudes missionnelles développées par Michael Frost dans son livre Surprise the World! Chaque habitude sera couverte par deux articles : une présentation et une histoire. Nous espérons que cette série te donnera des idées et des outils sur la manière de vivre ta foi dans le monde, afin que tu sois prêt.e à répondre à toute personne qui s'interroge sur l'espérance qui est en toi (2 Pierre 3.15-16).
1 Sauf qu’ici, ce n’est pas tant qu’on doit vieillir pour mieux apprécier l’histoire, c’est plutôt l’Histoire qui nous rend mature d’une façon étrange : en nous rajeunissant dans le meilleur sens possible du mot!
