Et si on prenait l’habitude de manger en compagnie de trois personnes différentes chaque semaine?

Mon but dans cet article est d’illustrer une habitude missionelle dans le contexte d’une vie ordinaire. Mon espoir? Te prouver que n’importe qui, dans n’importe quel contexte et de n’importe quelle manière peut être en mission avec Dieu. À cet effet, j’ai demandé à des ami.e.s de me raconter la fois où ils (et elles) ont mis en pratique une action missionnelle. Quel était le contexte? Pourquoi et comment as-tu posé ce geste concrètement? Et qu’est-ce qui s’est passé? Quelles leçons en as-tu tirées?
À vrai dire, l’expérience a été trippante : j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à écouter et à rapporter leurs histoires! J’espère sincèrement qu’elles puissent devenir un encouragement et une source d’inspiration pour toi dans ton aventure missionnelle avec le Seigneur.
L’histoire de Zoé(1)
Zoé en était à sa toute première année à l’université du coin et, déjà, elle voyait trop bien la tentation de passer les quatre prochaines années enfermées à la bibliothèque. Étant consciente de cette tendance chez elle mais sachant ses besoins relationnels, elle se demandait comment elle pouvait vivre une expérience sociale enrichissante pendant son baccalauréat. Comment se fait-on des ami.e.s à l’uni alors que tout le monde est archi occupé? C’est avec cette question en tête qu’elle a commencé sa première session.
« On mange-tu ensemble? »
Les particularités de son programme faisaient en sorte que sa cohorte était assez petite. En théorie, ça voulait dire que ce serait plus facile de se faire des ami.e.s… tant que l’on tombe sur des personnes amicales! Sur ce point, elle reconnut la bénédiction du Seigneur : ses pairs étaient hyper gentils et accueillants. De là lui est venu l’idée de faire des efforts pour se présenter et se tenir avec eux en dehors des classes. Après chaque cours, elle a commencé à demander aux autres étudiants, « Qui reste sur place pendant l’heure du midi? Je peux-tu manger avec toi? »
Il y avait cette autre fille avec un horaire similaire et elles prirent l’habitude d’aller dîner ensemble. Elle était d’une culture et d’une religion différente pourtant c’était étonnant à quel point elles avaient des atomes crochus! Elles ont été capables de bonder sur plusieurs éléments de leur vie qu’elles avaient en commun. Sans que ce soit son intention initiale, Zoé réalise qu’il était assez facile pour elle de partager sa foi avec cette nouvelle amie, surtout qu’elle aussi lui parlait de sa religion! Suite à ces conversations hebdomadaires au moment du lunch, elle s'aperçut que leurs perspectives (des deux côtés) avaient un peu changé et s’étaient enrichies.
D’autres chrétiennes
De temps à autre, d’autres membres de la cohorte se joignaient à ces repas, dont une étudiante qui était chrétienne! Un autre midi, alors qu’elles mangeaient leur repas à deux, Zoé apprit que cette autre amie vivait les mêmes défis spirituels qu’elle. Les deux vivaient un éloignement et se demandaient comment reconnecter avec Dieu. Elles décidèrent de prier l’une pour l’autre et de s’encourager t à faire les efforts nécessaires pour renouer avec Dieu.
Éventuellement, la « gang d’la cohorte » s'entendait si bien ensemble qu’ils eurent l’idée de célébrer intentionnellement chaque anniversaire en classe avec un gâteau et un « joyeux anniversaire » en bonne et due forme! À la fête organisée pour Zoé, elle s'aperçut que deux autres personnes du groupe étaient aussi chrétiennes. Zoé n’en revenait pas!
Au-delà des attentes
Mais en investiguant un peu plus, elle se rendit compte que l’une d’elle - appelons-là Udeline - ne vivait pas l’entièreté de sa foi pour Jésus. Après quelques conversations (toujours autour de repas et de collations), Zoé apprit que Udeline venait d’arriver au Québec et se sentait trop gênée pour aller seule à l’église. Zoé lui a donc offert de l’accompagner et a commencé à l’inviter à différentes activités chrétiennes dans la ville. Une bonne fois, Udeline accepta l’une de ces invitations, et elle s'aperçut de son besoin de consacrer sa vie à Jésus pour de bon. Elle a alors trouvé une Église, a fait le ménage dans sa vie et a décidé de se faire baptiser!
Elles étaient désormais quatre chrétiennes dans le même programme, la même cohorte. Au fur et à mesure qu’elles se voyaient, les quatre croyantes commencèrent à ressentir le besoin de prendre un temps pour manger juste entre elles pour parler plus intentionnellement de leur foi. À la fin de l’été, elles sont allées manger ensemble et réalisèrent qu’elles devaient s’investir devaient investir encore plus dans leur foi afin d’être un témoignage pour le reste de leur cohorte. De là, elles créèrent un groupe de clavardage où elles échangeaient requêtes et nouvelles en plus de commencer à se lever de bonne heure deux matins par semaine – à 6 h!!! – pour s’appeler et prier ensemble..
Conclusions
Le reste de la cohorte se sent de plus en plus à l’aise ensemble et se sont mis à multiplier leurs repas et leurs activités ensemble. Zoé attribue ce résultat à tous ces repas partagés ensemble ainsi qu’à leur rituel pour célébrer les anniversaires de chacun. L’ambiance du groupe est agréable au point que même les moins sociables d’entre eux participent régulièrement maintenant. La cohésion du groupe est si forte que même les professeurs en sont impressionnés.
Zoé continue de croire que tout ça est loin d’être un adon et rend gloire à Dieu! Elle demande de la prière pour que Dieu continue de bénir ses ami.e.s. Elle veut aussi nous encourager à ne pas avoir peur de faire les premiers pas, de s'inviter à aller manger avec les gens même si ça peut être gênant/malaisant… et surtout de garder l'œil ouvert!
Dirais-tu que toi aussi est plus du type « prioriser tes études au détriment de tes relations »?
À quel point es-tu conscient.e de cette tendance dans ton quotidien?
Dirais-tu que c’est un problème potentiel?
Si oui, dans quel sens?
Et comment peux-tu apporter des correctifs sains pour ton expérience à l’université?
Laquelle des deux habitudes est plus difficile pour toi : manger avec des chrétien.ne.s ou avec des non-chrétien.ne.s? Qu’est-ce qui pourrait t’aider à faire les deux?
Qu’est-ce qui t’inspire le plus de l’histoire de Zoé? Quels trucs et astuces en tires-tu? Et que veux-tu demander à Dieu en réponse à son témoignage?
Note de l’éditrice : Cet article est le quatrième d’une série (de douze) qui présente les habitudes missionnelles développées par Michael Frost dans son livre Surprise the World! Chaque habitude sera couverte par deux articles : une présentation et une histoire. Nous espérons que cette série te donnera des idées et des outils sur la manière de vivre ta foi dans le monde, afin que tu sois prêt.e à répondre à toute personne qui s'interroge sur l'espérance qui est en toi (2 Pierre 3.15-16).
1 Pas son vrai nom. Je tiens toutefois à insister qu’il s’agit d’une histoire vraie et locale
