Salut, quelqu’un qui veut bien faire,
Ta question montre bien l’ampleur de la compassion et de l’empathie que tu portes, et c’est complètement louable. Par contre, est-ce que c’est réaliste? Un cœur chrétien devrait naturellement être touché par la souffrance, mais nous ne pouvons pas non plus tout porter, ni tomber dans le syndrome du sauveur.
Les réseaux sociaux nous donnent une impression d’omniprésence, d’être impactés et d’avoir un rôle à jouer dans tous les problèmes du monde. Cela fait peser sur nous une pression émotionnelle qui peut rapidement nous dépasser. Mais dans l’Évangile, Jésus se laisse avant tout conduire par l’Esprit et répond à ce qui lui est confié. Et je crois que c’est peut-être le fond de la question ici : qu’est-ce qui t’est confié?
Il peut être bon de choisir quelques causes ou personnes que tu veux soutenir de manière constante, pour te permettre un engagement plus profond.
Saint Jean Chrysostome, un Père de l’Église qui a beaucoup écrit sur la question de la pauvreté, disait dans son fameux texte Liturgie des rues et des places:
« Si tu ne peux pas nourrir cent pauvres, nourris celui qui frappe à ta porte. »
Il ne faut pas oublier que l’amour chrétien est quelque chose d’incarné, et tu es avant tout appelé à aimer là où tu es, et à aller là où l’Esprit te conduit. Et au fond de chaque action, il y a aussi un appel fondamental à revenir vers Dieu dans la prière, pour qu’Il agisse et accueille diverses situations dans l’ampleur de sa miséricorde.
Finalement, rappelons-nous que nous avons tous une croix à porter, mais nous n’avons pas toutes les croix à porter, et avant tout, une réponse à donner à l’appel que Dieu a mis sur notre vie.
