Q: Chère équipe de Gêne-toi pas,
J’ai grandi dans une famille chrétienne et, de ce fait, je croyais que j’étais chrétienne. Je respectais les coutumes religieuses de mes parents. Devant eux, j’étais une chrétienne; à l’extérieur, avec mes amis, j’étais dans le monde. Puis, vers la fin de mon adolescence, le Seigneur a touché mon cœur. J’avais envie d’être comme Lui, de faire comme Lui. Je lisais ma Bible, j’écoutais de la musique chrétienne — ce qui auparavant était difficile — et j’ai eu l’envie de trouver une église (ce qui est arrivé) ainsi qu’un réseau chrétien. Je me suis fait baptiser et, cette fois-là, je me sentais dans la lumière.
Bref, le cégep commence, et j’ai plus de liberté. J’explore le monde tout en essayant de ne pas transgresser les voies du Seigneur (du moins, c’est ce que je me disais). Pourtant, je m’en suis encore éloignée. Après la pandémie, cette conviction de m’accrocher à Christ est revenue. Je suis retournée à l’église, j’ai trouvé une communauté chrétienne et je me suis impliquée dans mon église locale.
C’est dans ce contexte que je pose ces questions:
- Comment savoir si on aime réellement Dieu et si on valorise le sacrifice de Jésus, et non si on suit simplement une idéologie/théologie moraliste… ou encore si on abuse de la grâce? Je pose cette question parce que j’ai de la difficulté à arrêter complètement certains péchés que Dieu me demande de délaisser; je rechute constamment.
- Comment faire mourir la chair et ne pas retourner en arrière? (Je retourne toujours en arrière).
- Comment passer d’une posture d’hypocrisie (envers Dieu) à celle d’un véritable disciple?
- Comment aimer et respecter Dieu?
Une fille prodigue toujours en chemin
Très chère Fille prodigue,
Merci pour ton texte détaillé; ça m’aide vraiment à comprendre et à imaginer ce que tu vis. Pendant ma lecture, cette chanson, celle-ci et cette autre me sont venues à l’esprit, tels des échos. Sache que je suis de tout cœur avec toi. 💙
Voici comment je reformulerais l’essentiel de ta question (pour ne pas m’éparpiller):
Comment discerner si ma foi est une relation authentique d’amour et de confiance envers Dieu — valorisant vraiment le sacrifice de Jésus — plutôt qu’une simple adhésion morale, surtout quand je lutte avec des rechutes et que j’ai l’impression de revenir en arrière? Et comment passer d’une posture d’incohérence ou d’hypocrisie à celle d’une véritable disciple qui marche selon l’Esprit plutôt que selon la chair?
Et puisque j’ai déjà répondu à une question semblable, je me concentre ici sur les autres dimensions que tu soulèves:
les rechutes et cette fâcheuse impression de régresser,
la posture d’hypocrisie ou d’incohérence,
et ce combat pour faire mourir la chair.
Or, je vois des signes très encourageants dans ton texte:
Les rechutes et le sentiment de régresser ne signifient pas nécessairement un échec spirituel. (J’irais jusqu’à dire que tu es en excellente compagnie!) Ce qui compte, c’est vers qui tu te tournes après chaque chute.
Prendre conscience de ton incohérence ou ton hypocrisie montre en fait que ton cœur est sensible à Dieu et désire vraiment changer. C’est un signe à célébrer!
Fais attention à ne pas mélanger les rôles dans la sanctification: la transformation ne vient pas d’un effort moral acharné, mais d’une dépendance quotidienne à l’Esprit, qui agit en toi pour te changer réellement. Là-dessus, tu peux lui faire entièrement confiance.
Comme le rappellent Jude 1.24‑25 et de 1 Thessaloniciens 5.23‑24: c’est Dieu qui nous garde, nous sanctifie et nous présente sans défaut devant sa gloire. Oui, il peut le faire et le fera — parfois de façon fulgurante, d’autres fois, petit à petit. La victoire et la transformation ne reposent pas sur nos seules forces, mais sur sa fidélité et sa puissance. C’est comme ça qu’on apprend à laisser Christ vivre en nous, à choisir ce qui honore Dieu, plutôt que de lutter seules contre la chair (Romains 6-8).
Trucs et astuces pratiques:
Confie-toi à une ou un leader sage et confesse tes péchés.
Entoure-toi de frères et sœurs d’armes dans le combat spirituel.
Essaie d’être régulière dans la prière et la lecture de la Parole, même quand c’est difficile.
Ne minimise pas les petites victoires: elles nourrissent la foi et renforcent la persévérance. Souligne-les en grand! (Perso, je ferai un cheers à ta santé!)
Je prie les passages cités sur ta vie: courage!
