Chère/cher célibataire — mais pas fait.e en bois,
Naviguer les pulsions sexuelles quand on est célibataire est est un vrai défi… et quand on est marié aussi ! Mais puisque la question concerne le célibat et la masturbation, concentrons-nous là-dessus. Dieu nous a créés avec un corps, des désirs et des pulsions. Or, la Bible nous appelle à honorer Dieu avec tout ce que nous sommes (1 Corinthiens 6.19-20).
Notre société la considère la masturbation comme une pratique normale, et en réalité, elle s’accompagne presque toujours de pensées ou de fantasmes sexuels souvent nourris par la pornographie. . Soyons honnêtes: ce n’est pas un geste neutre.
Certains pasteurs reconnaissent qu’il pourrait y avoir une place pour la masturbation dans l’intimité conjugale, mais en dehors du mariage, elle pose un problème. Pourquoi? Parce que Dieu a réservé l’expression sexuelle pour le cadre du mariage.
Par nature, la masturbation est centrée sur soi. Cet acte sexuel d'auto-gratification détache la sexualité de son but originel : nourrir l’intimité entre mari et femme, union qui reflète l’amour de Christ pour son Église (Éphésiens 5.31-32). En ce sens, la masturbation détourne un don de Dieu de son contexte sacré et en réduit la portée spirituelle.
Jésus lui-même relie la convoitise aux actions de nos yeux et de nos mains (Matthieu 5.27-30). Paul ajoute: « La volonté de Dieu, c’est votre sanctification : que vous vous absteniez de l’impudicité; que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l’honneur, sans se livrer à des passions de convoitise » (1 Thessaloniciens 4.3-5). Le combat se joue donc dans nos désirs, nos pensées et nos choix.
La bonne nouvelle, c’est que Dieu ne nous laisse pas seuls. Par son Esprit, il renouvelle nos désirs: « Je vous donnerai un cœur nouveau… Je mettrai mon Esprit en vous » (Ézéchiel 36.26-27). Par nos propres forces, nous sommes impuissants, mais Dieu nous rend capable de faire ce qui nous était impossible par le passé.
Resister à la masturbation passe par la transformation de l'Esprit et le developpement d’habitudes qui nourrissent l'âme : la prière, la lecture de la Parole, l’adoration, mais aussi des amitiés profondes et saines. Parle ouvertement avec quelques croyants mûrs de tes luttes, et rappelle toi que ton identité ne dépend pas de ta sexualité, mais de ton union avec Jésus.
En terminant, je pense les chrétiens valorisent le sexe à la fois plus et moins que notre société. Plus, parce qu’ils considèrent la sexualité comme tellement précieuse qu’elle doit être réservée au mariage: Mais aussi moins, parce que nous ne croyons pas que l’absence d’activité sexuelle équivaut à une vie incomplète et vide. En Christ, un célibataire peut mener une vie tout aussi épanouissante et pleine de sens qu’un croyant marié.
Chère/cher célibataire, mais pas fait.e en bois,
Qu'on s'en réjouisse ou qu'on s'en indigne, la Bible ne dit rien sur le mot en m. Pour un protestant, c'est presque aussi gênant qu'un partage biblique entre inconnus où quelqu'un donne beaucoup trop de détails intimes (true story: aux dernières nouvelles, tout le monde a survécu). Contrairement aux catholiques et orthodoxes qui ont clos le débat depuis belle lurette, chez les protestants, les opinions partent dans tous les sens. Même feu le Dr James Dobson, leader évangélique conservateur – disons-le, pensait qu'on pouvait se masturber sans pécher; pour lui, le problème n'était pas la main, mais ce qui se passait dans la tête. Effectivement: fantasmer sur d'autres que son époux/épouse viole l'ordre moral — Jésus disait que convoiter, c'est flirter avec l'adultère (Matthieu 5.28). D'où l'inacceptabilité totale de la pornographie.
Dieu ne parle pas de masturbation — il avait d'autres priorités semble-t-il — mais il a beaucoup à dire sur la sexualité. Ce n'est pas juste une question de plaisir: c'est au cœur du processus par lequel un couple marié devient une seule chair (Genèse 2.24). C'est profondément relationnel et (pro)créatif, reflétant le lien mystique entre Christ et son Église (Éphésiens 5.31-32): une dynamique de don de soi réciproque. Comparons-la avec cette remarque entendue dans un événement féminin: « Pourquoi se tourner vers un homme quand on a des batteries? » (Ma réaction sans filtre: bruh!) La sexualité fidèle à l'Évangile ne se limite pas aux aspects mécaniques et impulsifs. Elle n'est ni self-centered, ni self-pleasing.
Malgré le silence radio biblique, je trouve plus sage de te déconseiller cette méthode de canalisation des pulsions sexuelles. Voici pourquoi. Primo: si la masturbation n'est pas péché, elle est souvent liée à la convoitise, qui est toujours péché. Se masturber sans visualiser qui que ce soit n'est pas chose facile, chez les hommes, mais pas que. Sans compter que l’habitude peut devenir compulsive et source de honte durable; un rappel que la personne chrétienne ne doit se laisser asservir par aucune chose terrestre (1 Corinthiens 6.12). Secundo: des soupçons demeurent quant à sa compatibilité avec les vertus chrétiennes. Le sexe en solo peut-il nous entraîner à mourir à nous-mêmes pour le bénéfice de notre prochain? Parmi les théologiens de qualité, il n’y en a qu'une seule qui ose argumenter en faveur de cette possibilité, non pas sans réserve ni conditions (je la connais personnellement et – wow, ses titres!). Dans ton discernement personnel, je t'encourage à consulter les principes bibliques pertinents (en voici quelques-uns) avec l'aide de chrétiens matures et sous la direction de l’Esprit.
Et pour ta première question — de loin plus simple à répondre(!): une saine gestion de sa libido, sans recours aux actes sexuels, passe par l'exercice physique, la pratique spirituelle et la communion fraternelle (voir cette vidéo entre 56:12 et 1:03:31). Pour l'avoir essayé: ça marche!
Solidaire,
