Dans cette série:
Étude 1: Comment ne pas prier (vv 5-8) (Tu es ici)
Étude 2: Notre Père, son Nom (v 9)
Étude 3: Son Règne, sa volonté (v 10)
Étude 4: Nos besoins, sa provision (v 11)
Étude 5: Nos offences, sa réconciliation (v 12)
Étude 6: Nos épreuves, sa délivrance (v 13)
Matthieu 6:5-8 (S21) Lorsque tu pries, ne sois pas comme les hypocrites: ils aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra [ouvertement].
En priant, ne multipliez pas les paroles comme les membres des autres peuples: ils s'imaginent en effet qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.
PARTIE 1 - Ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Les versets 5-8 nous aident à mieux comprendre le sens du Notre Père (6.9-13). C’est pourquoi on commence un peu avant!
Le Notre Père se trouve dans le Sermon sur la montagne, un discours où Jésus cherche à transformer le cœur de ses disciples autant que leurs actions. Son enseignement sur la prière s'inscrit dans cette logique.
La structure du passage est simple : « Ne fais pas X, mais fais Y ». Ne prie pas pour être vu, mais pour rencontrer Dieu. Ne prie pas comme si tu devais « tordre le bras » de Dieu, mais prie comme un enfant qui fait confiance.
En une phrase : Dieu regarde au cœur et récompense une relation sincère avec lui.
Ainsi, le Notre Père découle directement de cette vision de Dieu, c’est-à-dire d’un Père qui connaît, qui voit et qui prend soin de ses enfants. Cette vérité transforme profondément notre manière de prier.
Le Notre Père est sans doute la prière chrétienne la mieux connue et la plus récitée de l'histoire! Pourtant, sa familiarité risque parfois de nous empêcher d'en mesurer toute la richesse. Jésus ne nous y enseigne pas seulement quoi dire à Dieu, mais aussi quel genre de relation il désire avoir avec nous.
Bien qu’il soit tentant de commencer notre étude directement au verset 9 (le début du Notre Père), les plus perspicaces noterons que Jésus parle de la prière dans les versets précédents. Le « donc » du v 9 nous dit que pour comprendre comment Jésus nous apprend à prier, il faut donc aussi écouter ce qu'il dit juste avant.
Le Notre Père se trouve au milieu du Sermon sur la montagne (chapitres 5–7 de l’Évangile de Matthieu), où Jésus décrit le mode de vie de celles et ceux qui appartiennent au Royaume de Dieu. Tout au long de ce discours, il ne cherche pas seulement à transformer nos comportements, mais aussi notre cœur. Son enseignement sur la prière s'inscrit dans cette même logique. Dans son Évangile, Matthieu nous confronte avec une question à ne pas ignorer : allons-nous suivre Jésus?
Dans la section qui nous concerne (Mt 6.5-9), on trouve une une forme de logique qu’on pourrait décrire comme « ne fais pas X, mais fais Y ».
Ne fais pas X : « Quand vous priez…» (v 5)
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À la place, fais Y : « Mais toi, quand tu pries … » (v 6)
Ne fais pas X : « En priant, ne multipliez pas… ne faites pas comme eux… » (vv 7-8)
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À la place, fais Y : « Voici donc comment vous devez prier… » (vv 9-13)
Allons voir les deux prohibitions dans l’ordre.
Il ne faut pas prier pour attirer le regard des autres (vv 5-6).
Il était commun à l’époque pour certaines personnes, notamment les leaders religieux, de réciter leurs prières quotidiennes dans un endroit public à la vue de tous. Le problème n’était pas les prières publiques en soi mais plutôt le motif du cœur. Prions-nous davantage pour impressionner les êtres humains ou pour toucher le cœur de Dieu? Pour lequel de ces regards prions-nous?
Jésus enseigne que si on prie pour le regard des gens, cela devient « notre récompense ». Inutile dans ce cas-là de s’attendre à une récompense de la part de Dieu, puisque ce n’est pas le genre de comportement qu’il souhaite récompenser! À la place, Jésus privilégie le fait de prier dans le secret, ce qui peut certainement être compris littéralement. On peut aussi le comprendre d’une autre façon. En effet, la prière, qu'elle soit privée ou publique, ne sert pas à plaire aux êtres humains mais à plaire à Dieu. Dieu récompense celles et ceux qui cherchent à le rencontrer à partir des recoins les plus intimes de leur vie. Dieu voit ce qui demeure caché aux autres et promet de récompenser celles et ceux qui le cherchent avec un cœur sincère.
Il ne faut pas prier Dieu comme si on devait lui « tordre un bras » (vv 7-8)
Dans plusieurs religions du monde gréco-romain, on croyait que l'accumulation de paroles pouvait convaincre les dieux. Encore une fois, le problème – autre que l'idolâtrie! – est en lien avec le motif du cœur. Ce n’est pas que Dieu est contre la persévérance ou les prières plus longues ou le fait de prier sans cesse, le problème survient lorsqu’on croit pouvoir manipuler Dieu à la façon de ceux qui ne le connaissent pas. Cette approche est logique dans la mesure où les dieux des non-Juifs ne font rien « gratuitement », sans avoir obtenu quelque chose en échange.
Au contraire, Dieu n’est pas comme ça, nous dit Jésus. Le v 8 nous donne une piste importante en mentionnant nos besoins. Est-ce possible que je ne crois pas vraiment qu’il va prendre soin de moi? Au fond, quelle est ma vision de Dieu? Ce verset est le pont qui nous mène tout droit au Notre Père (v 9), qui découle directement d’une toute autre vision de Dieu : un Père qui connaît, qui voit et qui prend soin de ses enfants. Cette vérité transforme profondément notre manière de prier.
PARTIE 2 - Le texte et les questions
Optionnel, mais recommandé : demander à une ou plusieurs personnes de lire Matthieu 6.5-13.
Mettre la table en disant quelque chose comme :
« Nous allons commencer une série sur la prière du Notre Père. Mais pour bien comprendre cette prière, il nous sera utile de la lire dans son contexte immédiat. Dans le texte, Jésus parle à une grande foule et il prononce son discours le plus célèbre, le Sermon sur la Montagne. Nous sommes dans la partie du discours où Jésus veut enseigner comment prier, mais avant de le faire il montre de mauvais exemples à éviter. »
Demander à une autre personne (si possible) de lire les versets 5 à 8.
Poser quelques questions sur le texte pour alimenter la discussion. En voici quelques-unes. Si tu manques de temps, concentre-toi sur celles avec deux étoiles (**).
Pourquoi Jésus commence-t-il par corriger notre manière de prier avant de nous enseigner quoi prier? **
Si Dieu connaît déjà nos besoins, pourquoi prier?
Avez-vous déjà eu l'impression de prier davantage pour être vu (ou paraître spirituel) que pour rencontrer Dieu? **
Alternative : Comment les réseaux sociaux influencent-ils notre façon de vivre (ou d'afficher) notre spiritualité?
Quelle est la différence entre une prière répétitive qui nourrit la foi (ex. psaumes, Notre Père, liturgie dans certaines Églises) et une répétition vide que Jésus condamne?
Qu’est-ce qui changerait dans notre façon de prier si on croyait vraiment que Dieu est bon et bienveillant à notre égard? **
Terminer en prière. Voici deux options :
Ou bien reprendre les points qui ont ressorti de votre discussion dans une prière en groupe,
Ou bien tenir un temps de silence où chacun demande à Dieu de l’aider à approfondir sa relation avec Lui dans la prière.
