Cher « fer qui aiguise le fer »,
Effectivement, être chrétien·ne ne veut pas dire être ami·e avec tout le monde et n’importe qui. Voici ce que je te conseille selon les deux façons d'interpréter ta question.
(1) Si ton ami·e est vraiment juste un·e ami·e
Le fait que votre relation ou vos conversations ne soient pas christocentriques n’est pas en soi une bonne raison de s’éloigner. La vérité, c’est qu’on est tous pécheurs et qu’on néglige tous de garder Jésus au centre à 100%. Dit simplement : prends garde de ne pas te prendre pour une Église, elle seule peut « excommunier ».
À ta place, je creuserais davantage : que veux-tu dire par « relation non christocentrique »? Quels sont les problèmes précis que tu souhaites adresser par ce move et il y aurait-il des solutions alternatives?
D’où vient l’idée qu’il ne faudrait surtout pas être ami·e avec ceux qui ne suivent pas Jésus? Est-ce biblique, et si oui, où lis-tu ça? Il y a-t-il d’autres passages qui encouragent le contraire? 🙂
Et penses-tu que ce soit possible pour Dieu d’utiliser cette amitié pour te faire grandir dans ta foi? Par exemple, en apprenant la perspective du « monde » justement, ou bien en t'exerçant à l’amour patient et en témoignant plus souvent?
Quand serait-il sage de couper la relation?
Clairement, quand la relation est « toxique », c’est-à-dire abusive ou malsaine (physiquement, émotionnellement, psychologiquement ou spirituellement), après avoir posé tes limites (le livre Boundaries te montre comment t’y prendre) et, idéalement, avec un regard extérieur (pasteur/ancien, membre de la famille, ami·e sage). D’autres red flags 🚩 incontestables: lorsqu’il y a harcèlement et/ou intimidation, lorsque des crimes sont commis, quand la vie humaine est déshonorée ou mise en danger.
Aussi, quand ton ami·e t’encourage ouvertement à pécher ou à cultiver une attitude et un comportement inapproprié ou insensé (voir les Proverbes), malgré des avertissements clairs (encore: Boundaries) — surtout si tu sens que ça t’influence. Quelqu’un qui t’encourage à boire sans cesse alors que tu veux à tout prix faire attention entre dans cette catégorie: chrétienne ou pas — et indépendamment de tes convictions sur l’alcool, ou si l’excès est une tentation ou pas (alcoolisme, alcool au volant, etc) — cette personne n’est tout simplement pas une bonne amie.
Quand une prise de distance est justifiée
Lorsqu’il y a:
Manque de respect répété de tes limites
Interactions qui t’épuisent plus qu’elles ne te construisent
Critiques fréquentes ou paroles blessantes
Absence de soutien réel, la relation est à sens unique
Dépendance émotionnelle excessive, ou sentiments non désirés
Manipulation ou culpabilisation
Négativité constante
Communication incohérente ou peu fiable, manque d’écoute
« Break-up » amoureux
Publications ou messages en ligne méchants, inappropriés ou favorisant la discorde
La différence entre distance et coupure dépend du degré du problème : quelqu’un qui ne te respecte jamais = bye 👋. Quelqu’un à qui ça arrive parfois = ça peut se travailler (et ça nous travaille!). Ne cancelle pas automatiquement ce qui te met mal à l’aise, mais ne tolère pas l’inacceptable.
Toutefois, si:
tu as vraiment essayé de parler et rien ne change,
la relation est devenue plus lourde que joyeuse,
tu restes par habitude ou culpabilité,
tu choisis ta santé mentale plutôt que de « réparer » une relation qui ne fonctionne pas (au moins pour l’instant),
Alors, il se pourrait qu’il soit préférable de prendre tes distances, voire — en cas de faute grave — de mettre un terme à la relation et de la remettre à Dieu avec foi.
Comment faire? Si tu dois en arriver là, une conversation avec la personne, en présence d’un tiers plus « neutre » et « objectif » (ami·e mature, leader d’Église, etc.), est plus que pertinente. (C’est d’ailleurs aussi le cas si tu t’inquiètes simplement pour ton ami·e et souhaites le/la confronter avec sagesse.)
L’objectif serait d’expliquer ta décision et de laisser à la personne la possibilité de répondre et de se repentir (changer) — par exemple sur un certain laps de temps — sinon, au besoin, de clarifier un malentendu digne d’un record Guinness.
(2) Si ton ami·e est plus qu’un·e ami·e…
Je pense que tu me vois venir 😉.
À P2C, on a déjà abordé dans un podcast le sujet des fréquentations entre croyant·e·s et non croyant·e·s, un choix qu’on ne recommande pas pour différentes raisons. Pour en savoir plus, voici l’épisode en question.
Dans les deux cas, je prie pour toi : que Dieu t’accompagne et t’accorde son discernement et son courage (que tu restes dans la relation ou non), en compagnie d'autres disciples engagé·e à la suite de Christ.
