Et si on prenait l’habitude de prendre un temps pour se mettre à l’écoute du Saint-Esprit une fois par semaine?

L’idée derrière l’habitude

Il paraît qu’à P2C on aime beaucoup parler du Saint-Esprit,1 et maintenant que j’y pense, c’est quand même vrai! Une petite recherche préliminaire permet de trouver au moins onze ressources spécifiquement sur la personne, l'œuvre et notre relation avec le Saint-Esprit (et ça, c’est juste en français). Mais lorsqu’on parle de communier avec le Saint-Esprit, on présuppose une étape essentielle. Pour pouvoir vraiment suivre l’Esprit saint, il faut d’abord être capable d’être à son écoute. 

Notre contexte d’accélération et de distraction continue nous fait poser cette question et nous montre notre grand besoin de ce que les générations précédentes auraient peut-être pris pour acquis. Est-ce qu’on sait vraiment comment bien écouter, surtout lorsqu’il s’agit d’écoute spirituelle? Perso, je n’ai pas l’impression qu’on est très doué.e là-dessus, d’où l’importance de se pratiquer pour mieux faire. 

Maintenant, en ce qui concerne notre participation à la mission, l’écoute du Saint-Esprit est un must. Voici pourquoi : comment négocier notre chemin dans le monde, manger avec des gens qui ne partagent pas notre foi et les bénir, sans la voix de l'Esprit pour nous guider et nous empêcher de tomber dans le péché? Par « tomber dans le péché », on ne parle pas nécessairement de péchés spectaculaires ; de mon expérience, on a surtout besoin de se protéger contre la peur et la paresse.  

Le fondement chrétien de l’habitude 

Je pense qu’on saura tous se reconnaître dans l’un ou l’autre de ces scénarios. 

  • D’un côté, la peur de la persécution me dit de rester discret mais, de l’autre, la paresse me dit que je n’ai pas le temps de m’embarquer dans quoi que ce soit. 

  • Je peux avoir peur de me faire remarquer ce qui m’amène à vouloir garder « la paix », mais sinon je peux aussi avoir la flemme et me dire qu’en fait ce serait plus sage si je commençais par prendre soin de moi.2 

  • La peur de devoir répondre aux questions délicates de quelqu'un me dit que je n’en sais pas assez pour être de quelconque utilité. De l’autre côté, la paresse peut me faire demander en quoi tout cela me concerne. Après tout, n'y a-t-il pas des personnes plus qualifiées que moi qui peuvent s’en occuper?

Si tu les écoutes, la peur et la paresse feront échouer ton pas de foi missionnel à chaque fois – garantie. À tout moment, la peur et la paresse te poussent à trouver des dizaines de raisons - légitimes ou non - pour lesquelles tu ne peux pas ou ne devrait pas t’ouvrir aux autres. Et seule la voix de l'Esprit peut nous aider à résister à nos pires impulsions.

Voici ce que l’auteur Michael Frost a à dire là-dessus : 

Mon expérience avec mes voisins m’a appris à ouvrir mon cœur à l'Esprit Saint afin de séparer la vérité du mensonge, la fiction de la connaissance, l'honorable du déshonorant. Il n'est pas facile de trouver la meilleure façon d'être une présence intrigante, bénissante et pieuse dans la communauté. Si je vous encourage à bénir les autres et à manger avec eux, il serait irresponsable de ma part de ne pas vous encourager à écouter l'Esprit.

C’est ici qu’il est bon de se rappeler de ce que la Bible dit sur le rôle de l’Esprit dans la vie des croyants. Le Saint-Esprit nous défend des mensonges du malin (Jn 14.16, 26), nous dit la vérité dans notre situation (Jn 14.17), nous rappelle ce que Jésus a dit (Jn 14.26), nous aide à opposer nos penchants égoïstes (Ga 5.16-21), nous conduit à adopter ses valeurs (Ga 5.22-25), nous rend capable d’être ses témoins (Ac 1.4-8), nous dirige à alerter les gens au Règne de Dieu en Jésus (Ac 2.2-40), examine toutes choses - dont notre cœur (1 Cr 2.10), travaille pour notre bien à travers d’autres chrétienn.e.s (1 Cr 12.7-11), et nous vient en aide dans notre faiblesse, incluant nos prières (Rm 8.26-27). La liste continue! 

Mais pour bénéficier de la direction de l’Esprit saint, on ne pourra pas passer par quatre chemins : on doit s’arrêter, se retirer et se taire. Dietrich Bonhoeffer a déjà dit « Que celui qui ne peut être seul se méfie de la communauté. Il ne fera de mal qu'à lui-même et à la communauté. » Dans son livre La vie communautaire, il met l’accent sur l’importance de la solitude, du silence et de la prière arrosée par une diète régulière de la Parole. De telles disciplines soutiendrons notre engagement envers l'hospitalité et donneront de la substance et de l'authenticité à notre action missionnelle. 

Lis le témoignage de quelqu’un qui a essayé cette habitude ici:

Témoignage

Astuces pour développer l’habitude

Je termine sur une note plus pratique : voici quelques conseils, trucs et astuces en méli mélo. 

  1. Consacre un temps. Idéalement, réserve-le à ton horaire.3 Essaie de choisir un moment de la journée où les gens n’ont pas besoin de te joindre. Si possible, retire-toi de ton environnement normal (exemple : fais une marche, rends-toi à une église ouverte au public, mets des écouteurs, etc). Tu peux prendre 15 minutes pour commencer.

  2. Élimine les distractions. Traduction : ferme ton cellulaire ou abandonne-le loin de toi! Sois dans l’accueil du petit côté « TDAH » de ton cerveau : je note la pensée, je la laisse partir, et je reviens à mes moutons (Dieu, dans ce cas-ci…). Ça peut aider d’avoir une brève prière pour t’aider à te recentrer (par ici pour les exemples). 

  3. Laisse entrer Dieu. Demande à l’Esprit ce qu’il veut te dire. Essaie d’éviter à tout prix le sentiment que tu dois absolument retirer quelque chose de concret de ton moment de silence. Fais juste prendre l’habitude de te mettre à la disposition de Dieu et de le contempler dans une attitude d’adoration.

  4. Suis les incitations de Dieu. Il peut attirer ton attention sur une personne pour qui tu peux prier, bénir. Ou bien il peut t’aider à voir comment tel péché se cachait derrière un geste pourtant positif. Il peut t’encourager à réinviter quelqu’un qui t’as ghosté, ou te remplir d’une sensation de sa présence. Qui sait?

  5. Vise le milieu. On veut l’aide de l’Esprit pour éviter ces deux extrêmes dans la mission : le repli sur soi et le jugement, d'une part, et la tentation de « fitter » dans une culture ayant des éléments néfastes pour ta foi, d'autre part. 

Plus tu vas développer cette habitude, plus tu auras de la facilité à différencier le Saint-Esprit des effets de la caféines sur ton cerveau. Tout ça pour dire que je t’invite à essayer cette habitude avec moi. :-)  

Défi : une fois par semaine, prends le temps d’être attentif.ve à ce que l’Esprit veut te dire.

Pour aller plus loin 

  • Explore les onze (ou plus) ressources de P2C à propos du Saint-Esprit en français et en anglais. 

  • Garde en tête qu’il y a différentes façons de connecter avec l’Esprit saint dépendamment des traditions chrétiennes. Voici quelques unes :

Note de l’éditrice : Cet article est le cinquième d’une série (de douze) qui présente les habitudes missionnelles développées par Michael Frost dans son livre Surprise the World! Chaque habitude sera couverte par deux articles : une présentation et une histoire. Nous espérons que cette série te donnera des idées et des outils sur la manière de vivre ta foi dans le monde, afin que tu sois prêt.e à répondre à toute personne qui s'interroge sur l'espérance qui est en toi (2 Pierre 3.15-16). 


1 Il y a quelques années, on avait retiré certaines ressources dans le but de leur donner un petit lifting, et on arrêtait pas de recevoir des messages provenant d’étudiants africains qui nous demandaient « Qu’avez-vous fait des ressources sur le Saint-Esprit! Ramenez-les, on les utilise! » Ça a été toute une surprise! Il faut croire qu’en français, il n’y a pas autant d’options…  

2 C’est pas faux en soi mais ça peut aussi être une excuse. Prendre soin des autres et prendre soin de moi n’est pas nécessairement mutuellement exclusif. Cela dit, il y a des contextes où ça peut être vraiment ce que l’Esprit nous dirige à faire, par exemple, lorsqu’on a un diagnostic de maladie mentale ou d’épuisement, ou lorsqu’on se prépare à la venue d’un bébé. Mais le point ici est que (1) c’est temporaire et (2) ça prend l’aide du Saint-Esprit pour discerner la source de cette pensée.

3 Dans mon petit groupe, je mentionnais que j’avais de la difficulté avec cette habitude et on m’a conseillé de carrément l’inscrire à mon agenda. Quelle merveilleuse idée!