Matthieu 6:13 (S21) ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du mal
PARTIE 1 - Ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Jésus nous apprend à demander à Dieu de nous protéger de la tentation et du mal, plutôt que de présumer de nos propres forces.
« Ne nous expose pas » ne signifie pas que Dieu nous pousserait au péché, mais que nous lui demandons de nous garder dans les situations qui peuvent nous faire tomber.
La tentation peut être à la fois une épreuve et un piège : elle peut révéler ce qui se trouve en nous, mais aussi devenir une occasion de chute.
Dieu peut nous protéger de deux façons : en nous épargnant certaines épreuves, ou en nous donnant la force de les traverser sans succomber.
La vie chrétienne comporte un véritable combat spirituel. Nous sommes appelés à être vigilants, à apprendre de nos épreuves et à reconnaître notre dépendance envers Dieu.
D’une façon imparfaite, on pourrait résumer les trois requêtes personnelles (les prières au « nous ») du Notre Père de la façon suivante : nos besoins matériels (v 11), nos besoins relationnels (v 12) et nos besoins spirituels (v13). On lit dans le v 13 :
Ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du mal [Segond 21].
Note : certaines versions, comme la Louis Segond 1901, terminent la prière avec un mot de louange : « car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. » La plupart des Bibles plus contemporaines ne l'inclut pas parce qu’elle n’apparaît pas sur les manuscrits les plus anciens. (Elle devrait toutefois apparaître dans une note de bas de page, ou bien entre crochets ). Si une personne du groupe s’interroge à ce propos, tu peux en toute confiance la rassurer : ça ne pose aucun problème et c’est un point bien documenté dans l’étude des textes bibliques. Pour en savoir plus, voir ici (à la section « Doxologie ») ou ici.
Il s’agit de la partie la plus difficile à traduire (et comprendre) du Notre Père, pour différentes raisons :
Traditionnellement, on y lit « Ne nous conduit pas en tentation », ce qui peut certainement ébranler. Dieu serait-il la cause de nos tentations? (D’après Jacques 1.13, il semblerait que non…).
S’il est mieux d’éviter la tentation de prime abord, pourquoi donc demander à Dieu tout de suite après qu’il nous en délivre? Est-ce que la deuxième requête ne trahirait pas un manque de foi en la première?
Le mot tentation en grec est compliqué à définir : c’est un mot qui peut signifier « épreuve » (dans le sens d’un « test » ou d’un examen) et « piège ».
Une prière pour la protection divine
La plupart des interprétations s’accordent pour dire que les deux demandes ( « ne nous expose pas…. mais délivre-nous… ») ont la protection divine en commun. On pourrait le reformuler dans ces mots :
« Seigneur, la tentation n’est vraiment pas une partie de plaisir. Ne m’expose donc pas à la tentation autant que possible.
Mais dans les cas où c’est nécessaire que je passe par là, préserve-moi de la chute et accorde-moi la victoire. Assure ma protection, soit en m’épargnant cette épreuve, soit en m’en délivrant. »
La tentation comme épreuve et piège
On a vu que le mot veut dire à la fois « épreuve » et « piège ». L’illustration d’un examen académique permet de bien saisir la double nuance de ce terme.
En effet, un bon examen s’avérera aussi un piège pour ceux et celles qui ne s’y sont pas préparés adéquatement. L’épreuve expose la vérité au grand jour et révèle les faiblesses qu’il faut travailler davantage pour se mettre à niveau. À quelque part, les tentations jouent un rôle similaire ; ils révèlent qui on est vraiment et en quoi il faut s’améliorer.
On peut ainsi comprendre cette prière. Aide-moi Seigneur à passer les examens de la vie. Fais en sorte que je sois à la hauteur de ces « tests » de mon caractère. Prépare-moi aux petites épreuves sur ma route afin que je puisse réussir les plus grandes.
Une bataille cosmique
En résumé, la vie chrétienne n’est pas facile. Jésus ici attire notre attention sur le fait qu’en tant que chrétiens nous sommes dans le combat non pas contre la chair et le sang mais contre les puissances du mal, incluant le diable. Mais d’une façon paradoxale, Dieu se sert de ces combats pour nous rendre meilleur et nous secourir. Le Notre Père nous apprend à ne pas être naïfs face au danger spirituel, à cultiver une mentalité d’apprentissage, et à reconnaître que la victoire vient de Dieu.
PARTIE 2 - Le texte et les questions
Optionnel, mais recommandé : demander à une ou plusieurs personnes de lire Matthieu 6.5-13.
Commencer en disant quelque chose comme :
« Dans la dernière étude sur le Notre Père, nous avons vu qu’il y a un lien entre notre réconciliation avec Dieu et notre réconciliation avec les gens qui nous ont blessés. Nous poursuivons avec le prochain verset qui nous amène à mieux comprendre l’ampleur de nos combats comme chrétiens. »
Demander à une autre personne (si possible) de lire le verset 13.
Poser quelques questions sur le texte pour alimenter la discussion. En voici quelques-unes. Si tu manques de temps, concentre-toi sur celles avec deux étoiles (**).
Dans quelles situations suis-je le plus vulnérable à la tentation? Qu’est-ce que cela m’apprend sur moi-même? **
Jésus nous apprend à demander à Dieu de nous protéger avant même que la tentation arrive. À quoi cela pourrait-il ressembler concrètement dans nos vies?
Comment faire la différence entre une épreuve qui me fait grandir et une situation dans laquelle je suis inutilement en train de m’exposer au mal? **
Dans quelle situation es-tu plus à risque de penser « je suis capable de gérer ça tout seul »? Comment peux-tu apprendre à dépendre davantage de Dieu dans cette situation?
Jésus nous enseigne à demander à Dieu de nous délivrer du mal. De quoi avons-nous concrètement besoin que Dieu nous délivre en ce moment? **
Terminer en prière. Voici une suggestion :
Dans un premier temps, chaque personne présente une épreuve de son choix, pour lequel elle aimerait recevoir de la prière.
Dans un deuxième temps : élevez les épreuves du groupe dans la prière. À la lumière du Notre Père, demandez à Dieu de vous protéger, de faire grandir vos muscles spirituels et de vous donner la délivrance.
